
Le réseau ferroviaire vietnamien offre une expérience de voyage unique qui transforme le simple déplacement en véritable immersion culturelle. Cette infrastructure centenaire, héritée de l’époque coloniale française, permet aujourd’hui aux voyageurs de découvrir la diversité géographique du pays à un rythme authentique et contemplatif. Du nord montagneux au delta du Mékong, traverser le Vietnam en train révèle des paysages spectaculaires et des rencontres humaines inoubliables.
La ligne ferroviaire principale s’étend sur plus de 1 700 kilomètres, reliant Hanoi à Ho Chi Minh-Ville en passant par des destinations emblématiques comme Hué, Da Nang et Nha Trang. Cette artère de la réunification symbolise l’unité retrouvée du pays après les décennies de division. Pour les voyageurs contemporains, elle représente bien plus qu’un moyen de transport : c’est une fenêtre ouverte sur l’âme vietnamienne, où tradition et modernité coexistent harmonieusement.
Réseau ferroviaire vietnamien : infrastructure et lignes principales
Ligne Nord-Sud : de hanoi à ho chi Minh-Ville via la SE1
L’épine dorsale du transport ferroviaire vietnamien repose sur la légendaire ligne Nord-Sud, officiellement appelée Reunification Express. Cette voie ferrée historique traverse l’ensemble du territoire national sur 1 726 kilomètres, offrant un parcours exceptionnel à travers cinq zones climatiques distinctes. Le trajet complet nécessite environ 30 heures, permettant aux passagers d’observer la transformation progressive des paysages, depuis les collines brumeuses du Tonkin jusqu’aux rizières luxuriantes du delta du Mékong.
Les trains SE1 et SE2 constituent les services phares de cette liaison, proposant un niveau de confort optimal avec des voitures climatisées et des compartiments couchettes modernes. Ces convois quotidiens desservent 35 gares principales, incluant des arrêts stratégiques à Vinh, Hué, Da Nang, Quy Nhon, Nha Trang et Phan Thiet. La ponctualité, bien qu’imparfaite selon les standards européens, s’améliore constamment grâce aux investissements récents dans la signalisation et la maintenance des voies.
Embranchements régionaux : haiphong, dong dang et lao cai
Trois lignes secondaires complètent le réseau principal, ouvrant l’accès à des régions touristiques majeures. La ligne Hanoi-Haiphong, longue de 102 kilomètres, facilite l’accès vers la baie d’Halong et constitue un axe économique vital pour le port de Haiphong. Les trains effectuent ce parcours en 2h30, traversant la plaine du fleuve Rouge et ses villages ruraux préservés.
L’embranchement vers Dong Dang, à la frontière chinoise, s’étend sur 162 kilomètres et revêt une importance géopolitique considérable pour les échanges commerciaux transfrontaliers. Cette ligne historique, construite dans les années 1900, permet également l’accès aux paysages karstiques spectaculaires de la province de Lang Son.
La liaison Hanoi-Lao Cai représente sans doute l’itinéraire le plus prisé des voyageurs internationaux. Cette ligne de 296 kilomètres mène directement aux portes de Sapa, station d’altitude réputée pour ses rizières en terrasses et ses minorités ethniques. Les trains de nuit SP1 et SP3 effectuent ce trajet en
environ 8 heures, la majorité de nuit, ce qui permet d’optimiser son temps de voyage. À l’arrivée à Lao Cai au petit matin, des navettes et minibus assurent la correspondance jusqu’à Sapa en une heure à peine. Cette organisation fait de la liaison Hanoi-Lao Cai l’une des plus pratiques pour intégrer un trek en montagne dans un itinéraire ferroviaire à travers le Vietnam.
Écartement des voies et limitations techniques du système ferré
Le réseau ferroviaire vietnamien repose majoritairement sur un écartement métrique (1 000 mm), hérité de la période coloniale. Cet écartement plus étroit que le standard international (1 435 mm) permet une meilleure adaptation aux reliefs montagneux et réduit les coûts de construction, mais limite la vitesse commerciale des trains et leur stabilité à haute vitesse. Concrètement, la vitesse moyenne des trains de voyageurs oscille entre 50 et 70 km/h, loin des standards des lignes à grande vitesse asiatiques.
Cette contrainte technique impacte directement le temps nécessaire pour traverser le Vietnam en train : il faut compter plus de 30 heures pour parcourir l’intégralité de la ligne Nord-Sud. Les sections à voie unique sont encore majoritaires, obligeant à des croisements planifiés entre convois et à une gestion fine des sillons. Vous remarquerez d’ailleurs que les trains s’arrêtent parfois quelques minutes dans des gares intermédiaires sans montée ni descente apparente : il s’agit souvent de laisser passer un convoi venant en sens inverse.
Malgré ces limitations, le choix de conserver l’écartement métrique se justifie par la densité du trafic fret et par le coût considérable qu’impliquerait une conversion complète en voie normale. À l’échelle du voyageur, cela signifie qu’il faut accepter une certaine lenteur, mais aussi profiter pleinement des paysages traversés. Après tout, traverser le Vietnam en train, ce n’est pas seulement arriver à destination, c’est aussi savourer le trajet lui-même.
Rénovations récentes et modernisation du matériel roulant
Depuis une dizaine d’années, les Chemins de fer vietnamiens (VNR) ont engagé un vaste programme de rénovation du réseau et du matériel roulant. Plusieurs tronçons sensibles, notamment autour de Hué, Da Nang et Nha Trang, ont bénéficié de travaux de renforcement de la plateforme, de remplacement de rails et de sécurisation des ponts. Ces investissements ont permis de réduire les incidents techniques et d’améliorer progressivement la régularité des trains longue distance.
Sur le plan du confort, de nouvelles rames climatisées ont fait leur apparition, avec des compartiments couchettes mieux insonorisés, des sièges ergonomiques et des sanitaires modernisés. Certains trains SE disposent désormais de prises électriques individuelles et de systèmes d’éclairage LED, un détail appréciable pour travailler ou lire pendant les longs trajets. Dans les faits, vous trouverez encore un certain contraste entre les voitures les plus récentes et les plus anciennes, mais la tendance générale est clairement à la montée en gamme.
En parallèle, le gouvernement vietnamien étudie depuis 2024 un projet de ligne à grande vitesse entre Hanoi et Ho Chi Minh-Ville, sur voie normale, destinée en priorité au transport de passagers. Si ce projet aboutit, la ligne actuelle deviendra à terme un axe principalement dédié au fret et aux services régionaux. Pour l’instant toutefois, c’est bien le réseau existant qui permet de traverser le Vietnam en train, dans une ambiance encore très « vintage » qui fait partie du charme du voyage.
Types de trains et classes de service disponibles
Trains express SE : SE1, SE3, SE5 et leurs caractéristiques
Pour traverser le Vietnam en train dans de bonnes conditions, les trains express SE (Super Express) sont généralement le meilleur choix. Numérotés de SE1 à SE8, ils assurent la liaison Hanoi-Ho Chi Minh-Ville avec différents niveaux de confort et de fréquence d’arrêts. Les SE1 et SE3 sont considérés comme les plus rapides et les plus confortables : ils desservent uniquement les grandes villes et proposent des voitures modernes, souvent rénovées en priorité.
Les trains SE5 et SE7, quant à eux, marquent davantage d’arrêts intermédiaires et peuvent utiliser du matériel légèrement plus ancien, ce qui en fait une option un peu plus économique. Tous ces trains offrent cependant des voitures climatisées, des sièges souples, ainsi que des compartiments couchettes dures et molles. Pour un voyage de nuit entre Hanoi et Hué ou Hué et Saigon, privilégier un SE1 ou SE3 permet généralement de concilier confort, horaires pratiques et durée de trajet raisonnable.
Une particularité intéressante du système vietnamien réside dans la présence de wagons « privés » rattachés à ces mêmes trains SE. Des compagnies touristiques louent certains wagons, les réaménagent avec des cabines plus luxueuses (2 ou 4 couchettes seulement) et les commercialisent sous leur propre marque. Derrière la locomotive, vous pouvez donc trouver à la fois des voitures standard et, en queue de convoi, un wagon de standing supérieur, tout en voyageant sur le même horaire.
Trains locaux et omnibus : desserte des gares intermédiaires
À côté des express SE, le réseau vietnamien propose des trains locaux ou omnibus, souvent identifiés par d’autres sigles (TN, SNT, SPT, etc.). Leur rôle est de desservir les gares intermédiaires, notamment dans les zones rurales où le train reste un lien essentiel pour les habitants. Ces trains marquent beaucoup plus d’arrêts, roulent à des vitesses modestes et emportent un mélange de passagers : familles, commerçants, étudiants et militaires.
Pour un voyageur étranger qui souhaite traverser le Vietnam en train de manière intégrale, il est possible d’alterner trains express et trains locaux afin d’explorer des régions moins touristiques. En revanche, il faut accepter un niveau de confort parfois plus sommaire : présence de sièges durs, climatisation moins efficace, bruit plus marqué et propreté variable selon les tronçons. L’avantage principal reste le prix, souvent inférieur de 20 à 30 % à celui des express SE pour une distance similaire.
Vous hésitez entre un SE et un train local pour un trajet donné ? Posez-vous la question de votre priorité : gagner du temps et arriver reposé, ou vivre une expérience plus « brute » au contact des habitants. Pour un premier voyage, mieux vaut réserver les trains locaux à de courtes sections (2 à 4 heures), par exemple entre Da Nang et Quang Ngai, ou entre Nha Trang et Phan Rang, afin d’en apprécier l’ambiance sans accumuler la fatigue.
Compartiments couchettes molles et dures : configuration et tarification
Sur la plupart des trains de nuit, vous aurez le choix entre deux grands types de compartiments couchettes : les couchettes dures et les couchettes molles. Les premières, appelées Hard Sleeper, se présentent sous la forme de compartiments ouverts comportant six lits superposés (trois niveaux de chaque côté). Les matelas y sont fermes, l’espace entre les couchettes est limité et l’intimité reste relative. En contrepartie, le tarif est attractif, idéal pour les voyageurs au budget serré ou pour de courts trajets nocturnes.
Les compartiments à couchettes molles (Soft Sleeper) offrent un confort nettement supérieur : quatre lits seulement (deux niveaux) dans un compartiment fermé par une porte coulissante, matelas plus épais, oreillers et couvertures fournis. Selon les trains, vous disposerez également d’une petite tablette, de liseuses individuelles et parfois d’une prise électrique. Cette configuration est particulièrement recommandée pour les longues étapes de nuit, comme Hanoi – Hué ou Hué – Saigon, où une bonne nuit de repos fait toute la différence sur le reste du voyage.
En termes de tarification, il faut généralement compter un surcoût de 25 à 40 % pour passer de la couchette dure à la couchette molle sur un même trajet. Au sein d’une même catégorie, l’emplacement du lit influence aussi le prix : dans les couchettes dures, les lits du bas sont les plus chers et les plus demandés, ceux du haut étant plus économiques mais moins pratiques. Si vous voyagez à deux ou à quatre, réserver un compartiment complet de couchettes molles peut s’avérer plus confortable, voire plus économique que de payer des lits dispersés dans différents wagons.
Sièges climatisés et wagons-restaurants : services à bord
Pour les trajets de jour, les sièges souples climatisés constituent une alternative intéressante aux couchettes. Ces sièges inclinables, comparables à ceux d’un avion moyen-courrier, offrent suffisamment d’espace pour les jambes et un confort correct pour des trajets de 4 à 8 heures. Ils permettent d’admirer les paysages à travers de larges fenêtres, particulièrement appréciables entre Hué et Da Nang ou le long des côtes près de Nha Trang. Si vous souhaitez traverser le Vietnam en train tout en optimisant votre budget, alterner nuit en couchette et journée en siège climatisé est une bonne stratégie.
La plupart des trains longue distance sont également dotés d’un wagon-restaurant, généralement situé vers le centre du convoi. On y sert des plats simples mais nourrissants : riz sauté, nouilles, légumes sautés, poulet ou bœuf, ainsi que des boissons chaudes et froides. Les prix restent abordables pour un voyageur européen, même si la qualité peut varier d’un train à l’autre. En complément, des agents de bord circulent régulièrement avec des chariots ou des paniers de snacks (fruits, gâteaux, œufs durs, café soluble).
Il est tout à fait possible d’apporter votre propre nourriture à bord, comme le font de nombreux Vietnamiens. Une petite glacière ou un sac isotherme avec des fruits, des sandwichs ou des plats à emporter achetés en gare vous permettra de gérer les longs tronçons sans dépendre du wagon-restaurant. Pensez simplement à limiter les déchets et à emporter un sac pour les emballages, les poubelles pouvant être rapidement saturées dans les wagons les plus fréquentés.
Itinéraires emblématiques et gares stratégiques
Hanoi – hue : traversée du col de hai van et paysages côtiers
Le segment Hanoi – Hué est l’un des plus emblématiques pour qui souhaite traverser le Vietnam en train. En quittant la capitale, le trajet longe d’abord la plaine du fleuve Rouge avant de pénétrer progressivement dans la région centrale, plus montagneuse. Après une nuit en compartiment couchette, l’arrivée à Hué au petit matin reste un souvenir marquant : la cité impériale, ses pagodes et la rivière des Parfums offrent une première immersion dans le Vietnam historique.
En pratique, de nombreux voyageurs choisissent de découper l’itinéraire Hanoi – Saigon en deux grandes étapes : Hanoi – Hué, puis Hué – Saigon. Les trains SE1, SE3 et SE19 assurent des liaisons de nuit confortables entre ces deux villes, avec un temps de trajet d’environ 13 à 14 heures. Cela permet de profiter d’une journée complète à Hanoi, de monter à bord en soirée, de dormir pendant la majeure partie du trajet et d’arriver reposé à Hué pour débuter les visites.
Entre Hué et Da Nang, la ligne ferroviaire franchit le légendaire col de Hai Van (col des Nuages), souvent cité comme l’un des plus beaux tronçons ferroviaires d’Asie du Sud-Est. Les rails serpentent au flanc de la chaîne Annamitique, offrant des vues spectaculaires sur la mer de l’Est et les plages isolées en contrebas. Pour ne rien manquer du panorama, pensez à réserver une place côté mer : vers le sud, cela correspond au côté droit du train, et vers le nord, au côté gauche.
Hue – da nang : liaison rapide vers les plages de my khe
La liaison Hué – Da Nang, d’une durée de 2 h 30 à 3 heures, constitue un tronçon stratégique pour relier la capitale impériale aux plages de My Khe et à la vieille ville de Hoi An (accessible ensuite par la route). Plusieurs trains quotidiens, dont des SE et des trains locaux, empruntent cette section mythique en surplomb de la mer. Si vous disposez de temps, il peut être judicieux de prévoir ce trajet en journée afin de profiter pleinement des panoramas et des tunnels creusés dans la montagne.
Da Nang, troisième ville du pays, joue le rôle de hub ferroviaire et aérien pour le centre Vietnam. Depuis sa gare, vous rejoignez facilement en taxi ou en navette les plages de My Khe, les montagnes de Marbre ou la route menant à Hoi An (environ 45 minutes de voiture). Pour traverser le Vietnam en train tout en intercalant des étapes balnéaires, ce duo Hué – Da Nang est particulièrement pertinent : patrimoine culturel le matin, baignade en fin d’après-midi, puis continuation du voyage vers le sud le lendemain.
Cette portion de ligne illustre parfaitement l’intérêt d’un itinéraire « hop-on hop-off » sur le Reunification Express : plutôt que de rester 30 heures d’affilée dans le même train, vous pouvez fractionner le trajet en plusieurs segments de 3 à 8 heures. Cela permet de varier les ambiances, de visiter des villes intermédiaires et de lisser la fatigue du voyage, tout en conservant la cohérence d’une traversée intégrale du Vietnam en train.
Nha trang – mui ne : desserte balnéaire du centre-sud
Plus au sud, la section Nha Trang – Mui Ne (via la gare de Phan Thiet ou Binh Thuan) constitue une autre séquence clé pour les amateurs de plages. Nha Trang, célèbre pour sa longue baie bordée de palmiers et ses îles proches, est desservie par de nombreux trains de nuit et de jour en provenance de Hanoi et de Saigon. Depuis Nha Trang, vous pouvez poursuivre votre voyage en train vers le sud jusqu’à Binh Thuan, puis rejoindre Mui Ne par la route (environ 30 à 40 minutes en taxi ou en navette).
Les trains SNT et SE assurent plusieurs rotations quotidiennes sur ce tronçon, avec des temps de parcours compris entre 6 et 9 heures selon votre point de départ. À bord, vous traversez une mosaïque de paysages côtiers, de petites villes de pêcheurs et de champs de fruits du dragon caractéristiques de la région de Phan Thiet. À l’approche de Mui Ne, les collines de sable ocre et les lignes d’éoliennes se détachent à l’horizon, annonçant l’ambiance plus désertique de ce littoral.
Pour ceux qui souhaitent traverser le Vietnam en train tout en ménageant des étapes farniente, la combinaison Nha Trang – Mui Ne – Saigon fonctionne très bien. Vous pouvez par exemple passer deux nuits à Nha Trang, une ou deux à Mui Ne, puis reprendre un train ou un bus vers Ho Chi Minh-Ville. Cette alternance rail/route illustre l’un des atouts majeurs du pays : une bonne complémentarité entre les différents modes de transport, qui facilite la construction d’itinéraires sur mesure.
Saigon – can tho : extension vers le delta du mékong
À ce jour, il n’existe pas de ligne ferroviaire directe entre Saigon et Can Tho, capitale du delta du Mékong. Traverser le Vietnam en train implique donc d’alterner, à partir de Ho Chi Minh-Ville, avec des trajets routiers pour explorer cette région unique de canaux, de vergers et de marchés flottants. Concrètement, plusieurs gares situées au sud de Saigon, comme Binh Duong ou Bien Hoa, servent de points de départ à des lignes de bus interurbains qui descendent vers le delta.
La plupart des voyageurs choisissent de terminer leur traversée ferroviaire à la gare de Saigon, puis de rejoindre Can Tho en bus ou en véhicule privé (environ 3 à 4 heures de route). De nombreuses compagnies, comme Futa Bus, assurent des départs fréquents tout au long de la journée, avec un niveau de service correct et des arrêts organisés. Une fois à Can Tho, vous pouvez embarquer sur une jonque ou un bateau local pour explorer les bras du Mékong, les marchés flottants de Cai Rang ou Phong Dien et les petits villages sur pilotis.
Cette absence de liaison ferroviaire directe peut paraître surprenante, mais elle reflète la géographie particulière du delta, morcelé par des bras de fleuve et des zones humides. À terme, des projets d’extension du réseau ferré vers le sud sont évoqués, mais pour l’instant, combiner train jusqu’à Saigon puis bus vers Can Tho reste la solution la plus simple. Vous bénéficiez ainsi du meilleur des deux mondes : le charme du rail pour la grande traversée nord-sud, et la flexibilité de la route pour explorer le « grenier à riz » du Vietnam.
Réservation et billetterie : plateformes et procédures
Réserver un billet pour traverser le Vietnam en train est devenu beaucoup plus simple ces dernières années grâce à la généralisation de la billetterie en ligne. La plateforme officielle des Chemins de fer vietnamiens, accessible à l’adresse dsvn.vn, permet de consulter les horaires, les disponibilités et les tarifs pour la majorité des lignes. L’interface est toutefois pensée avant tout pour les résidents : paiement parfois limité aux cartes locales, formulaires en vietnamien, nécessité d’indiquer un numéro de téléphone national.
Pour les voyageurs étrangers, des plateformes tierces comme 12Go Asia ou Baolau offrent une alternative pratique, même avec des frais de service légèrement supérieurs. Elles permettent de comparer différents trains sur un même trajet (SE1, SE3, SNT, etc.), de choisir sa catégorie (siège, couchette dure ou molle) et d’obtenir un e-ticket immédiatement après paiement. Dans la plupart des cas, ce billet électronique suffit pour embarquer : vous le présentez sur votre smartphone au contrôle, sans besoin d’échange contre un billet papier.
L’achat en gare reste bien entendu possible, et parfois avantageux si vous parlez un peu vietnamien ou si vous êtes accompagné d’un guide. Dans les gares principales (Hanoi, Hué, Da Nang, Saigon), des guichets spécifiques aux étrangers existent parfois, avec un personnel plus habitué aux demandes touristiques. Il est toutefois recommandé de réserver au moins deux à trois jours à l’avance pour les trains de nuit et encore davantage en période de pointe (Nouvel An lunaire, week-ends prolongés, vacances d’été).
Un dernier conseil : lorsque vous planifiez de traverser le Vietnam en train, pensez à organiser vos billets de manière cohérente avec votre itinéraire général. Mieux vaut réserver d’emblée les tronçons clés (Hanoi – Hué, Hué – Da Nang, Nha Trang – Saigon) plutôt que d’attendre la dernière minute dans chaque ville. Cela vous évitera de mauvaises surprises de disponibilité, surtout si vous visez des compartiments couchettes molles ou des wagons privés, très demandés sur certaines dates.
Logistique pratique et conseils d’organisation
Voyager en train au Vietnam demande un minimum d’anticipation logistique, surtout si vous envisagez de traverser le pays du nord au sud. Première règle : arrivez à la gare au moins 30 à 45 minutes avant le départ, le temps de trouver votre quai, de repérer votre wagon et de vous installer. Les grandes gares comme Hanoi et Saigon peuvent être déroutantes au premier abord, avec plusieurs halls, de nombreux voyageurs et des annonces en vietnamien seulement.
Côté bagages, le train offre une souplesse appréciable par rapport à l’avion : il n’y a pas de contrôle de poids strict pour les valises et sacs à dos, tant que vous pouvez les manipuler vous-même et qu’ils ne gênent pas le passage. Dans les compartiments couchettes, vous pourrez glisser un bagage cabine sous le lit et placer un sac plus volumineux sur la tablette au-dessus de la porte. Gardez toutefois vos objets de valeur (papiers, argent, électronique) dans un petit sac à garder près de vous, notamment pendant la nuit.
Pour le confort à bord, pensez à emporter quelques accessoires : bouchons d’oreilles, masque de nuit, foulard ou petit gilet (la climatisation peut être fraîche), lingettes et gel hydroalcoolique pour compléter l’hygiène des sanitaires. Un livre, une série téléchargée ou un podcast aideront à faire passer les heures les plus monotones, surtout sur les longs tronçons nocturnes. N’oubliez pas non plus une petite bouteille d’eau et quelques en-cas, même si des vendeurs ambulants montent régulièrement dans le train.
Enfin, gardez à l’esprit que le train au Vietnam reste un espace de vie partagé. Les Vietnamiens voyagent souvent en famille, avec des enfants, des sacs de provisions et parfois des animaux de compagnie. Les discussions peuvent se prolonger tard dans la soirée, la musique de téléphone portable se mêler aux annonces de gare, et les odeurs de soupe ou de café noir flotter dans le couloir. Si vous acceptez cette dimension conviviale, voire un peu chaotique, vous découvrirez que traverser le Vietnam en train, c’est aussi partager le quotidien de ses habitants, bien au-delà des cartes postales.
Alternatives et connexions intermodales
Si le train constitue l’ossature d’une grande traversée du Vietnam, il gagne à être combiné avec d’autres moyens de transport pour accéder aux régions non desservies par le rail. L’avion reste la solution la plus rapide pour relier Hanoi à Ho Chi Minh-Ville en quelques heures, mais il vous fait perdre la dimension progressive et immersive du voyage. Une approche équilibrée consiste à utiliser le train pour les segments centraux (Hanoi – Hué – Da Nang – Nha Trang – Saigon), puis l’avion ou le bus pour des extensions plus éloignées, comme Phu Quoc ou le Haut Plateau central.
Les bus interurbains complètent efficacement le réseau ferré, notamment vers Sapa (depuis Lao Cai), Hoi An (depuis Da Nang), Dalat (depuis Nha Trang) ou le delta du Mékong (depuis Saigon). De nombreuses compagnies privées proposent des services de bonne qualité, avec sièges inclinables, climatisation et arrêts réguliers. Vous pouvez ainsi bâtir un itinéraire « multimodal » qui tire parti des atouts de chaque mode de transport : le train pour les longues distances confortables, le bus pour les branches secondaires et les accès aux zones rurales.
À l’échelle locale, taxis, véhicules avec chauffeur, moto-taxis (xe ôm) et applications de VTC (comme Grab) assurent les derniers kilomètres entre la gare et votre hébergement. Dans certaines villes, le vélo ou le scooter de location permettent aussi d’explorer les environs à votre rythme, par exemple à Hué ou Ninh Binh. L’important est de bien anticiper ces correspondances : vérifier les horaires, prévoir une marge suffisante entre l’arrivée du train et le départ éventuel d’un bus ou d’un bateau, surtout si les billets ne sont pas modifiables.
En combinant intelligemment train, bus, bateau et, si besoin, quelques vols intérieurs, vous pouvez ainsi concevoir une traversée du Vietnam à la fois cohérente, fluide et riche en expériences. Le rail en constitue la colonne vertébrale, autour de laquelle viennent se greffer des escapades vers la baie d’Halong, le delta du Mékong, les hauts plateaux ou les petites îles encore méconnues. Au final, plus qu’un simple moyen de transport, le train devient le fil rouge d’un voyage au long cours, reliant entre elles les multiples facettes du Vietnam.